Cet article, rédigé par Morteza Hazbei, étudiant postdoctoral, et Jean-Pierre Chupin, directeur de projet, explore les obstacles perçus par des Canadiens issus de divers horizons à la création d’un environnement bâti de grande qualité. Publiée dans Cities, cette étude analyse les discussions et les rapports de plus de 200 participants, parmi lesquels des citoyens, des professionnels, des représentants du secteur public, des chercheurs et des étudiants impliqués dans le Partenariat du CRSH sur la qualité dans l’environnement bâti au Canada.
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Résumé :
Les définitions traditionnelles de la qualité en architecture et dans l’environnement bâti ont été de plus en plus remises en question au cours des dernières décennies, notamment à travers des perspectives critiques sur la justice spatiale, l’équité, la diversité, l’inclusion et le postcolonialisme. Les définitions standardisées peuvent rassurer les décideurs, mais elles ignorent l’évolution des valeurs qui redéfinissent la notion de qualité. Un partenariat de recherche canadien financé par le CRSH sert de banc d’essai pour examiner comment divers acteurs remettent en question les définitions conventionnelles de la qualité et proposent de nouvelles dimensions. Ce partenariat fonctionne comme un laboratoire vivant, réunissant des représentants des citoyens, des municipalités, des professionnels et des universitaires afin d’examiner les obstacles à la qualité au-delà de l’expertise traditionnelle. S’appuyant sur les rapports en libre accès du partenariat, l’article pose la question suivante : quels obstacles à la qualité de l’environnement bâti les participants perçoivent-ils lorsqu’ils se réunissent autour de « tables rondes de partenariat » ? Pour répondre à cette question, l’étude élabore un inventaire sémantique des thèmes clés et des obstacles à la qualité à l’aide de deux méthodes : (1) une analyse qualitative du contenu des rapports de la Convention de Montréal de 2022, et (2) une analyse des thèmes extraits à l’aide d’un cadre conceptuel développé par les chercheurs — disciplinaire, managérial et critique — afin d’examiner l’évolution des définitions de la qualité. Au total, 96 « obstacles à la qualité » ont été identifiés et regroupés en sept thèmes. Parmi les thèmes les plus abordés figuraient a) la communication et l’engagement, b) la durabilité et l’inclusivité (EDIA), et c) la programmation, la conception, la construction et la gestion. Les résultats montrent que ces thèmes s’alignent principalement sur des définitions critiques de la qualité, avec une représentation disciplinaire faible, voire inexistante. Cela suggère que les citoyens et les acteurs du secteur public recherchent une redéfinition plus large de la qualité, et que ces attentes sont en contradiction avec les valeurs disciplinaires traditionnelles de l’architecture et des disciplines connexes.
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