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Colloque international à l’Université Carleton intitulé: « (De la) RÉUTILISATION ADAPTATIVE (à l’) ARCHITECTURE ADAPTATIVE »

Organisateurs : Federica Goffi, Mariana Esponda, Mario Santana

La conférence « (De la) RÉUTILISATION ADAPTATIVE (à l’) ARCHITECTURE ADAPTATIVE » (“(From) ADAPTIVE REUSE (to) ADAPTIVE ARCHITECTURE”) s’est tenue à l’École d’architecture et d’urbanisme Azrieli de l’Université Carleton, du 20 au 22 mai 2026. La conférence s’est ouverte par une introduction de Federica Goffi, qui a présenté le thème de la conférence et défini l’axe central de l’événement. Plutôt que de considérer la réutilisation adaptative comme une simple reconversion de bâtiments existants, la conférence a proposé une conception plus large de l’architecture adaptative, en tant qu’approche alliant flexibilité, résilience et transformation continue. L’ouverture a souligné que l’architecture devait répondre aux défis sociaux, culturels et environnementaux en constante évolution, tout en préservant la valeur des environnements bâtis existants.

La première session, intitulée « De la pédagogie du neuf à une pédagogie de l’adaptabilité », a exploré la manière dont l’enseignement de l’architecture peut évoluer pour mieux répondre aux défis contemporains. Dans leur intervention intitulée « Radical Repair : réorienter la pédagogie architecturale par la création adaptative », Jhono Bennett, Zachary Fluker et Maxwell Mutanda ont fait valoir que les écoles d’architecture devraient cesser de donner la priorité à la construction neuve et enseigner plutôt aux étudiants à s’engager dans la réparation, la restauration et les interventions adaptatives. Ils ont présenté la réparation comme une stratégie de conception à la fois pratique et créative, qui favorise l’utilisation efficace des ressources, la durabilité et le renforcement des liens communautaires. La présentation a suggéré que les futurs architectes devraient développer les compétences nécessaires pour travailler avec des bâtiments et des matériaux existants, favorisant ainsi des pratiques de conception plus respectueuses de l’environnement.

La deuxième session, intitulée « D’une culture de l’usage (fonctionnalisme) à une culture de la conversion », a examiné comment les bâtiments peuvent être transformés pour répondre à l’évolution des besoins sociaux, culturels et fonctionnels. María Patricia Farfán Sopo, Julián Ruiz, Tomas Bolaños Silva et Lina Escudero ont abordé l’architecture autochtone à Toribío, en Colombie, en soulignant comment les méthodes de construction traditionnelles incarnent la mémoire culturelle, les savoirs locaux et les pratiques durables. Leur présentation a souligné que l’architecture adaptative devait s’appuyer sur les traditions autochtones plutôt que de les remplacer. Maria Tavares s’est ensuite intéressée aux logements sociaux au Portugal, plaidant en faveur de conceptions de logements flexibles et capables de s’adapter à l’évolution des structures familiales et des conditions économiques au fil du temps. Elle a fait valoir que les logements adaptables pouvaient améliorer l’accessibilité financière, prolonger la durée de vie des bâtiments et réduire les impacts environnementaux.

Yolana Lemos s’est penchée sur la réutilisation adaptative des cinémas de l’époque coloniale en Angola, montrant comment ces bâtiments peuvent être transformés en espaces qui tiennent compte des histoires coloniales tout en favorisant de nouveaux récits culturels. En préservant le patrimoine matériel et en réinterprétant les espaces historiques, la réutilisation adaptative peut contribuer aux processus de décolonisation et à la mémoire collective. Tanjina Khan a conclu la session en remettant en question le concept traditionnel de fonctions fixes des bâtiments. Elle a fait valoir que l’architecture urbaine à usage mixte et adaptable permet aux bâtiments de répondre plus efficacement aux besoins changeants des communautés, renforçant ainsi la résilience tant sociale qu’environnementale tout en optimisant l’utilisation de l’espace urbain.

La conférence s’est achevée par le discours d’ouverture intitulé « L’adaptation comme mémoire : les cadres autochtones pour une architecture vivante », prononcé par Wanda Dalla Costa et présenté par Ron Miller. Wanda Dalla Costa a présenté l’adaptation comme un acte de mémoire ancré dans les systèmes de savoirs autochtones, où l’architecture est comprise comme une relation vivante entre les personnes, la culture et la terre. Elle a souligné que l’architecture durable va au-delà de l’innovation technologique et exige le respect des modes de savoir autochtones, de la continuité culturelle et de la gestion responsable de l’environnement. Son discours a réaffirmé le message central de la conférence, à savoir que l’adaptabilité n’est pas seulement une stratégie technique de conception, mais aussi une pratique culturelle, sociale et écologique qui favorise la résilience, l’inclusivité et la durabilité à long terme. Les actes du colloque sont disponibles sur YouTube et peuvent être consultés via le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=iEd8ghCV5t0&list=PLUpr8on0dVi-2sOYcB5FHr_At358V0XGm